Prions pour les enfants qui côtoient le SIDA

Prions pour les enfants qui côtoient le SIDA
past almost 2 years ago

Starts: Friday, 13 February, 2015 12:00am

Ends: Friday, 13 February, 2015 03:00am

Event Details

Le 13 février prochain, aura lieu une soirée de soutien au Fonds Solidarité Sida Afrique. 33,2 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde dont 2,3 millions d'enfants. En plus de la maladie, ces enfants souffrent d’autres maux : perte du soutien social et familial, discrimination, impacts physiques et économiques...

Les enfants sont souvent les victimes silencieuses de la pandémie du VIH et du sida. Dans nombre de sociétés ougandaises traditionnelles, les enfants doivent « être vus mais pas entendus ».
Dans les années 1980 et 1990, alors que le VIH et le sida commençaient à déchirer les communautés et les pays, les gens ont essayé de comprendre ce qui se passait.

Malheureusement, les besoins des enfants ont été largement ignorés. Il n’était vraiment pas commun de donner des explications aux jeunes enfants lorsqu’ils perdaient un membre de leur famille.
(...)

Premières réponses politiques

Alors que le gouvernement ougandais décidait de ses priorités, une enquête réalisée par le Ministère de la santé en 1993 révélait que les jeunes avaient les plus hauts niveaux d’infection.

Des enfants de 12 ans développaient le sida (ces statistiques comprenaient les enfants nés avec le virus). Les chiffres démontraient que nombre de jeunes avaient des relations sexuelles, avec ou sans consentement. La preuve était faite qu’il fallait que les Ougandais parlent ouvertement du sexe et de la sexualité, un énorme problème lorsque l’on connaît leur culture.
Les gens ont aussi commencé à réaliser que, bien souvent, la condamnation morale, les fausses informations et les préjudices engendraient non seulement discrimination mais aussi abus et négligence des enfants.

Ces comportements blessaient profondément les enfants qui avaient déjà du mal à faire face aux conséquences du VIH et du sida.

Les impacts du VIH et du sida sur les enfants

On peut les regrouper en trois grandes catégories. Ils sont étroitement liés au statut économique et social des familles mais aussi au niveau atteint par l’épidémie dans un pays :

• perte du soutien social et familial
• honte et discrimination
• impacts physiques et économiques.

La perte du soutien social et familial

Un enfant n’appartient pas seulement à une famille particulière. Il fait partie d’une communauté, d’une famille au sens large, d’une culture et d’une religion. Son éducation, sa santé et sa confiance en lui-même y sont étroitement liées. Souvent, la perte d’un parent signifie aussi la disparition de ces autres systèmes de soutien. Certains enfants sont séparés de leurs frères et soeurs pour être emmenés dans des foyers différents. D’autres restent avec leurs grands-parents qui sont trop vieux pour leur enseigner les aptitudes utiles à la vie. L’impact émotionnel est énorme.

Honte et discrimination

Les enfants doivent souvent faire face à une discrimination et sont appelés « orphelins du sida ».
Lorsque les gens apprennent que des parents sont séropositifs, leurs enfants peuvent perdre leurs camarades de jeux et se voir fermer les portes de l’école ou de l’église (parce que les parents sont « immoraux »).
Il arrive parfois que l’on ne donne pas de nourriture aux enfants séropositifs parce que les gens pensent que, de toute manière, ils vont mourir.

Impacts physiques et économiques

Certains enfants quittent l’école pour s’occuper de leurs parents malades. Lorsqu’un parent meurt, les enfants peuvent perdre leur domicile familial au profit de gens cupides, membres de leur famille ou voisins. Ils éprouvent aussi des difficultés pour accéder à d’autres services comme l’éducation et la santé. Nombre d’enfants doivent se battre seuls.

La réponse
•Des programmes d’information et d’éducation ont permis de sensibiliser les gens sur les besoins des enfants.

•Des comités de soutien pour les orphelins et des clubs pour les enfants dont les parents sont séropositifs ont été créés. On y aide les enfants à comprendre et à faire face à ce qui se passe. La formation en aptitudes utiles à la vie et les conseils socio-psychologiques permettent aux enfants d’affronter leurs besoins émotionnels.

• Un service d’éducation primaire gratuit a été favorisé par les politiques. Plusieurs ONG ont introduit des programmes destinés à aider le paiement des frais scolaires.

•Une protection légale pour éviter que les enfants ne perdent leur domicile familial a été mise en place.

Les récents progrès

En Ouganda, il y a eu une diminution régulière du taux d’infection du VIH ces dernières années, tout particulièrement parmi les jeunes. On pense que ce succès est dû principalement à une bonne éducation sur la santé. On discute ouvertement de questions sexuelles avec les enfants.
De nos jours, les Ougandais sont très ouverts sur les problèmes du VIH et du sida. Nombre de programmes de radio comprennent des émissions pour sensibiliser les gens.

Les organisations basées sur la foi qui jugeaient autrefois les gens atteints du VIH ou du sida, offrent maintenant la plus grande partie des services de soins à domicile.

Durant ces dernières années, les enfants ont bénéficié de nombreux changements en Ouganda. Cependant, les enfants affectés par le VIH et le sida continuent de devoir prendre des décisions difficiles. Il leur faut devenir adulte avant l’âge !

Les défis de l’avenir

Nombre de programmes d’ONG ne se concentrent toujours pas suffisamment sur les besoins émotionnels et sociaux des enfants. Par exemple, les enfants ont réellement besoin d’un adulte pour remplacer leurs parents. Ils ont besoin de quelqu’un à qui parler de leurs espoirs et de leurs rêves. Les enfants doivent faire face à de plus grands défis lorsqu’ils perdent leur accès à l’éducation.

Les programmes de soutien aux enfants (frais de cours, soutien matériel) ne les couvrent souvent que jusqu’à 18 ans. Cependant, nombre de ces jeunes ont toujours une vie difficile avec de nombreux défis.
Ce n’est pas parce qu’ils deviennent des « adultes » que leurs besoins en conseils et autres soutiens cessent soudain.

Nous devons tous nous impliquer pour répondre au défi de cette tâche. J’espère que cet article vous poussera à y réfléchir et à agir.

Texte de David K., Directeur d’ACET. (Organisme chrétien dans la lutte et la prévention du SIDA en Ouganda) pour Tearfund.

La lutte contre le sida : un sujet de prière qui réclame notre persévérance, pensons à celles et ceux qui souffrent, ne nous relâchons pas.

David K. pour Tearfund - Directeur d’ACET en Ouganda